Little caterpillar's diary
Je suis le pur Esprit dont les ailes de flammes
S'épandent du Zénith au Nadir, sur les Ames...
Je suis la voix des nuits, je suis l'ombre du soir
Qui balance, en le ciel, le divin encensoir...
Je suis celui qui vient apaiser les détresses...
Je suis le doux rayon des ultimes tendresses...
Je suis le passé... Rêve de l'avenir,
Je demeure pour vous l'appel du souvenir...
J'ai, dans l'Illimité, capté les auréoles
Et je viens secouer sur vos austères geôles
Les flots d'or de l'Eternité :
– L'aumône d'un peu de clarté –
Homme, qui veux, en vain, sonder le noir problème
Et qui, sur l'Infini, viens heurter ton front blême,
Ecoute le silence et ma voix répondra...
Interroge le ciel : Vichnou, Isis, Indra,
Horus, Bouddha, Jésus, en leur songe admirable.
Qu'en retireras-tu ? – L'effroi de l'Insondable.
L'Humanité trébuche aux portes du tombeau
Et la peur du néant est un triste flambeau...
Homme, tu veux savoir : – Ecoute !
Avant toi, j'ai franchi la Route !
Je suis celui qui fût et celui qui sera.
Interroge et mon front, près du tien, glissera...
Parle ! Dis-moi ton doute ! Apporte-moi ton rêve,
Tes travaux et le but de l'existence brève
Que tu poursuis aridement sur le chaos,
Usant tes froids genoux, tes coudes et tes os
A faire la lueur, à créer l'étincelle
De ton pauvre idéal qui s'égare et chancelle...
Ecoute, je réponds à ton obscurité !
Que veux-tu ?
L'explication de Trinité ?
Traces de vous...