Little caterpillar's diary
Dieu, dans la grande nuit, est le soleil levant,
L'aurore blonde au seuil du secret décevant
Que l'humain veut saisir dans l'ombre ou la lumière ;
Il est ! Et rien ne peut surprendre son mystère...
Pénétrer jusqu'au fond le mystère divin,
Beaucoup l'ont essayé, qui brisèrent, en vain,
Leur front, étroit et blanc, à la voûte infinie...
Aime ! Dit le rayon... Vibre ! Dit l'harmonie...
Crois ! Dit le ciel profond, aux innombrables yeux,
Mais ne tégare point dans les chemins des cieux
Avant l'heure assignée par le Maître des mondes ;
Lui seul peut diriger les âmes vagabondes.
Par-delà les frontons lumineux des éthers,
Ne t'aventure point seul au milieu des airs,
Des mondes animés, des astres en furies,
Des chaos fourmillant de fantasmagories...
Ta raison sombrerait dans cette énormité...
Tu n'es pas prêt encor à voir l'Eternité
Sans frémir, sans trembler... Ton oeil misérable
S'aveuglerait devant cet incommensurable
Où, dans la grande nuit, Dieu, ce soleil levant,
Garde, éternellement, son masque décevant...
Traces de vous...