Little caterpillar's diary
Oh ! Les vibrants soleils de juin,
Eblouissants ! Lueurs farouches !
Comme ils rayonnent au jardin,
Fourmillant de fruits et de mouches !
La vie naît du rayonnement.
Mars fait éclore et Juin couronne,
Le fruit absorbe, en un moment,
La pâle fleur qui s'abandonne...
Les cuisants soleils de Juillet
Dorent les blés, gonflent la grappe,
Etoilent les champs de millet,
De points d'or que leur spectre frappe.
Dans leurs flots de feu, tout s'endort,
Solstice d'un cycle annuaire,
Sommeil bienfaisant de la mort,
L'ardeur couve sous le suaire.
Agonisants soleils d'automne
A l'éclat nostalgique et doux,
Qu'ils sont beaux vos ciels où détonne
Un azur délayé de roux.
Les adorables demi-teintes
Des grands arbres silencieux
Ressemblent à des fresques peintes
Sur l'immense toile des Cieux.
Soleils refroidis de Décembre,
Qu'ils sont pâles vos cours reflets !
Soleils gris, aux nuances d'ambre,
Pleurant dans vos disques replets...
Dites, vous qui fermez le cycle
Effrayant des quatre saisons,
Si vous avez, dans l'hémicycle
Où s'agitent les embryons,
Aperçu le soleil magique
Qui flambe sur tous les soleils,
Un astre, au globe magnifique,
Dont l'éclat ternit ses pareils ?
Dites-moi, soleils de l'espace
Qui resplendissez chaque jour,
Si vous apercevez la trace
De l'Eternel Soleil d'Amour...
Traces de vous...