Little caterpillar's diary
Le front haut, je parlais à l'ombre colossale...
Tout ce que le chaos traîne de hideur sale,
Les larves-embryons et les spectres-ferments,
Les éléments rythmés, en tourbillonnements,
Emplissaient de clameurs l'immense solitude !
Et j'ai dit lentement : – Paix à la multitude !
Paix à l'être étonné qui cherche sa lueur !
Vampires effrayant, dont l'unique sueur
Flétrit, en ruisselant, les fleurs de l'antre sombre,
Relevez-vous ! Un jour, vous brillerez dans l'ombre !
Et j'ai dit au méchant : – Il est bien doux d'aimer !
Votre haine, en Amour, devra se transformer
Et vos larmes seront moins amères, moins lourdes.
J'ai dit aux obstinés dont les oreilles sourdes
Etalaient le cruel paravent des rancoeurs :
– Arrière les combats inégaux ! Haut les coeurs !
Et ma voix s'élevait, s'enflait comme les houles,
Mon amour déferlait sur les sinistres foules,
En lumineux rayons, en magiques torrents,
Semant de chauds éclairs à chacun de leurs rangs...
Et, quand ma voix se tut, tout était en prière :
Le flambeau de l'espoir donnait des Lumières...
L'apaisement divin, porté par mon baiser,
Régénérait l'abîme, au lieu de le briser...
Traces de vous...