Little caterpillar's diary
Impitoyablement, l'heure passe et le rêve
Prolonge le frisson de la minute brève
Où s'unissent les coeurs.
La minute s'envole imprécisant l'étreinte,
Ensorcelant l'essor sous la vague contrainte
Des humaines rancoeurs.
Tout blondit au couchant des automnales rives,
Les bois et les cieux clairs, les vignes où les grives
Sifflent timidement...
Tout pâlit : les sentiers emplis de rêverie
Où flotte, par instant, l'ardente griserie
De l'unique moment,
La fresque de l'azur se patine d'espace
Et le soleil n'est plus qu'un fantôme qui passe
En clignant ses yeux d'or
Des rayons attiédis ; l'averse diminue,
C'est l'éparpillement décroissant, et la nue
S'étire et se rendort.
C'est l'heure des départs que les retours coudoient,
L'instant laborieux où les routes poudroient
Et vous tendent la main.
C'est l'heure des pensers fervents, des envols souples
Dans l'inconnu vibrant des splendeurs, où les couples
Poursuivent leur chemin...
Oh ! Que ce ne soit point l'heure triste, angoissante,
Mais l'heure de l'espoir où glisse, caressante,
La voix de l'Ami sûr !
Si l'automne amoindrit la céleste nature,
Il n'éteint point le coeur portant la signature
D'un amour noble et pur...
Traces de vous...