Little caterpillar's diary
2006
Oh ! Qui dira le prix des larmes
Que le coeur sanglote tout bas,
Parmi les plus dures alarmes,
Les effrois aux magiques armes ?
Oh ! Qui dira le prix des larmes
Et des pleurs que l'on ne voit pas ?
Qui dira la lourdeur des chaînes
Qui pèsent sur les front pâlis,
En l'horreur triste des géhennes
Ferments de rancoeurs et de haines ?
Qui dira la lourdeur des chaînes
Brûlant silice et froid surplis ?
Qui dira le veuvage étrange
De l'être seul dans ses tourments,
Parmi l'ombre, l'écueil, la fange,
De l'être en qui s'éveille l'Ange ?
Qui dira le veuvage étrange
Sous l'aiguillon des éléments ?
Qui parlera ? Celui qui rêve,
Par-delà les azurs vermeils,
Au seuil de la paisible grève
Et dont la voix magique et brève
Vibrera dans l'ombre du rêve
Pénétrant les mornes sommeils ?
Ne maudis point ce qui te blesse,
Ce qui tenaille ton coeur lourd...
Tout soupir cache une caresse,
La haine enfante la tendresse ;
Ne maudis point ce qui te blesse,
Aime et bénis le chagrin sourd...
Tu n'es point seul en ta détresse,
Nous soutenons tes pas tremblants,
Ta main, que le désespoir presse,
Ton front qui se courbe sans cesse ;
Tu n'es point seul en ta détresse,
Nous berçons tes pensers troublants...
Endors-toi dans le creux des ailes
Que l'invisible étend sur toi...
La vie est chose très cruelle
Pour ceux dont l'heure maternelle
Sonne l'éclosion de l'aile...
Espère ! Nous veillons sur toi...
Traces de vous...