Little caterpillar's diary
L'heure des longs envols et des extases pures
Tinte, dévôtement, au sablier mouvant ;
L'âme a son crépuscule et son soleil levant,
La nostalgie du jour, en les choses obscures.
Un alanguissement s'exhale du soir calme,
O vertige profond des rêves éperdus !
Attrait mystérieux des sommets défendus
Que tracent, en l'éther, leurs lumineuses palmes
L'être humain, cet hybride, à la forme fangeuse
Mais au centre divin, vibratil et fervent,
Sent tressaillir, en lui, le prestige du vent,
Ce vainqueur de l'espace et de l'onde orageuse.
Il s'évade, parfois, de la prison charnelle
Et dans l'ombre qui monte et dans le soir qui vient,
Son être se libère un moment et parvient
A puiser, à longs flots, à la sève éternelle.
Oh ! Qui n'a point connu cette minute étrange
Où l'âme se dégage et s'élevant sans bruit,
Monte vers la Lueur qui rayonne, qui bruit
Et fait, en le sein vil, battre le coeur d'un ange ?
Oh ! Qui n'a point connu ces fougues sidérales
Où l'on emplit d'azur son oeil démesuré,
Où l'oreille s'entr'ouvre au rythme murmuré
Par les divins accords des musiques astrales ?
Tandis qu'Amythâba, sur l'Orient, rêveuse,
Garde jalousement la clef des chauds rayons,
Les esprits envolés sous les septentrions,
S'agenouillent, pensifs, en la voie radieuse...
C'est l'heure des envols puissants ! Extases pures !
Subsistant au réveil sous le soleil levant
Qui laisse, en l'homme ému, cet appel enivrant,
Nostalgique, du jour en les choses obscures...
Traces de vous...