Little caterpillar's diary
Chacun va dans la sphère où sa pesanteur tombe
Et l’oeil, encore hagard des songes disparus,
Poursuit son double but de l’azur à la tombe,
Sans qu’un tressaillement plisse le blanc cyrrhus.
Devant le Rien profond, l’orgueil humain s’effondre,
Lamentable foetus, ignorant et pervers,
Qui voudrait, d’un seul trait, absorber, goûter, fondre,
La Grande Ame qui vibre au coeur des univers...
Tu n’es qu’un embryon, un spectre, un infusoire
Infiniment petit qui voudrait tout savoir...
Sache que ton désir, tout à fait illusoire,
Doit s'effacer devant l'Amour et le Devoir.
L'Amour: ce grand levier des êtres et des mondes
Est le lien tout-puissant qui te rattache aux cieux
Et l'austère Devoir, aux actions profondes,
Fait ton coeur juste et droit, ton esprit radieux.
Dieu résorbe en son coeur divin, l'Etre Unanime,
Puissante égalité d'esprit en fusion
D'où le mal est exclu... car, par-dessus l'abîme,
La Grande Ame de Dieu brille aux septentrions...
Homme, ne cherche pas le secret de la tombe,
Sache te contenter du terrestre flambeau...
Chacun a, dans la sphère où sa pesanteur tombe,
Un pied dans le passé, l'autre en le Renouveau...
Traces de vous...