Homme, tu n’es point seul en ta désespérance

L’être mystérieux lance, avec l’espérance,

Ses désirs lumineux…

Ecoute, dans le soir, la voix qui psalmodie

La divine, apaisante et tendre mélodie

Sur les souffles haineux…

 

Le vent arrache au front du nuage qui passe

Le simulacre obscur frissonnant en l’espace

Et le change en clarté…

La douleur, ouragan aux terribles rapines,

Fait, avec l’aiguillon des terrestres épines,

Jaillir la Vérité…

 

Quel que soit ton destin en ce monde éphémère,

Où chaque heure s’ajoute à la minute amère,

Sois confiant et fort…

Elève ton essor ! Conquiers sur l’invisible

Ta place confiante en l’Orbe intraduisible,

(Paiement du rude effort !)

 

Aucun geste n’est vain, nulle étude inutile ;

Totalise en savoir, en volonté subtile,

Ton être intérieur…

Afin que, délivré de l’affreuse enveloppe,

Ton esprit libéré étende et développe

Son acquis le meilleur…

 

Fuis les mornes pensers où la colère gronde,

Les désirs vaniteux où s’étire la ronde

Du vaste écoeurement.

Que ta soif de grandir soit une soif sublime

Et que ta lèvre en feu touche au vase ultime

Au frais ruissellement !

 

Aime ! Ne maudis point même ce qui te blesse.

Sans l’étreinte des pleurs, connaîtrais-tu l’ivresse

Du baiser fraternel ?

Aime l’ami, la soeur, l’enfant, l’ombre, le traître,

Le « méchant obstiné » qui sanglote, peut-être,

En son coeur criminel...

 

Chaque être, quel qu’il soit, va de « l’ombre » au « Prodige »

Et tout ce que l’horreur ou l’extase rédige

Au livre « Eternité »

Va des errements vils aux lucidités franches,

Accrochant, par lambeau, honte et douleur aux branches

« De l’énorme Unité » !

 

Homme, tu n’es point seul ! L’invisible se penche...

Et comme le printemps verse sa moisson blanche

Sur les aubépiniers,

Il laisse, sur les fronts alourdis de souffrance,

Tomber, en chauds rayons, les fleurs de l’espérance,

« Divins et purs deniers » !

 

Homme, tu n’es point seul ! Côtoyant l’âpre route,

Mais de plus haut, plus loin, proche de l’humble voûte

Que tu vois resplendir,

Des frères, des amis ayant payé la dîme,

Veillent sur tes tourments (soubresauts que l’abîme

Paraît approfondir).

 

Arrache, de ton coeur, la ténébreuse ivraie ;

Sarcle, chaque labeur détruit l’immense raie

Qui te cache le ciel...

Ami, tu n’es point seul ! Je sais le prix des larmes

Et mon amour fervent, sur toutes les alarmes,

Allume l’arc-en-ciel...

 

Relève-toi ! Ma main, à toutes les détresses,

Tend son appui divin et toutes mes tendresses

Baignent l’esprit calmé...

Relève-toi ! Grandis ! Lutte ! Ensemence ! Espère !

Combats en toi ! Nourris en ton oeuvre prospère

Ton désir affamé.

 

Elève-toi ! Les corps passent, l’être demeure...

Ton âme renaîtra s’il faut que ton coeur meure,

Ton âme, ce trésor...

Enrichis-la d’amour comme de connaissance.

Sois vrai, sois bon ! Sois doux ! Que la Toute-Puissance

Azure ton essor !!

 

Pense à moi ! J’ai connu les sanglots qui déchirent,

Les hontes, les erreurs, les luttes où surgirent

Tout à coup les lueurs...

J’ai pleuré, mais grandi ! Mon aile est un trophée

De glaives douloureux où glisse la bouffée

Des humaines sueurs...

 

Lorsque le soir jaloux rallume tous ses astres,

Invisible, je viens pencher sur les désastres

Mon amour grandissant...

Homme, tu n’es point seul ! Symbole, l’Anonyme,

T’apporte le baiser rédempteur magnanime

De son coeur frémissant.

 

Par Petite Flamme - Publié dans : POESIES DU CIEL - Communauté : ecrivains en herbe - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
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  • : Petite Flamme était poète et ésotériste. La maladie l'emporta trop jeune mais elle nous laisse son journal et son autobiographie.
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