Little caterpillar's diary
Un commencement d’astre éclôt en la prunelle…
Tout est rayon et s’ouvre à l’aurore éternelle !
Le genre humain, penché sur ses mornes rumeurs,
Ne surprend pas l’écho des ultimes clameurs
Que laissent, par instants, vibrer les altitudes…
L’harmonique torrent courbe les multitudes…
L’Etre pur resplendit. « Un dans tout ! Tout dans un ! »
Et tout est mélodie, enivrement, parfum…
Les profondeurs de l’être aux innombrables voûtes
Lui font un trébuchet et l’acculent aux doutes…
Car l’homme est orgueilleux, misérable, insensé,
Et se considérant, par Dieu même, offensé,
Il jette son juron comme son anathème ;
L’idéal aboli se transforme en blasphème…
La révolte est en lui, l’hérésie est sur lui…
Il n’est pas le chercheur qui presse Dieu, celui
Qui comprend le langage azuré de l’espace
Et trouve l’Infini dans chaque onde qui passe,
Et pourtant… Il verrait l’évidence éclater
S’il voulait seulement regarder, méditer,
Et remonter, en lui, le cours de la durée…
Son âme, à ce réveil, serait toute effarée
Dans l’éblouissement de tous ses souvenirs…
O mystère émouvant… Passés et devenirs
Font un trône au « présent » afin que l’homme pense,
Afin qu’il sente en lui grandir la récompense
De l’effort qui le hisse au Prodige inouï…
L’être est lueur. Un jour, le doute évanoui,
Laissera resplendir toutes les certitudes…
Plus de tâtonnements, d’erreurs, d’inquiétudes…
L’œil fixe et largement ouvert sur l’inconnu,
L’homme s’évadera, par-delà le connu,
Brisant du « relatif » les limites, les bornes ;
S’écartant du Nadir aux perspectives mornes,
Il montera vers les espaces étoilés,
Vers l’Absolu vibrant, aux doux regards voilés…
Et prenant leur éclat aux ailes des archanges,
Fera neiger des lys sur les horreurs des fanges…
L’émerveillement pur, fait de tous les rayons,
Ecrit, au don du ciel, de sont doigt d’or : « Croyons !!!
Aimons !! Il est ! Il est ! » Les flots, ces indomptables,
Roulent « Amour et Foi » dans leurs flux redoutables,
Et l’écho murmurant qui parle dans les bois,
Trouble les nids pensifs qui rêvent à sa voix…
Un commencement d’astre éclôt en la prunelle…
Homme, regarde en toi ! Que l’aurore éternelle
Illumine ton cœur où grandit l’infini.
Car Dieu, dans son amour divin, a réuni
La comète de feu traînant son cimeterre
Et l’homme, agenouillé, qui pleure sur la terre…
Espère ! Tout sourit aux êtres obstinés…
Les fronts resplendiront et seront couronnés…
Les larmes deviendront des ouragans de flammes
Et feront des soleils avec toutes les âmes…
Traces de vous...