Little caterpillar's diary
Tout être, quel qu’il soit, du gouffre est le milieu :
Corps, il est la matière ; âme, on l’appelle Dieu…
Homme, ton double but suit ta double origine…
Et, dans l’Eternité, ton esprit illumine
Le côté de l’abîme où ton corps met la nuit…
En vain, cherches-tu Dieu dans le calme ou le bruit,
Dans la splendeur des soirs pleins d’astres et de rêves,
Dans la neige des monts, dans le calme des grèves…
Tu vois la créature et non le Créateur,
Tu lis un livre ouvert sans distinguer l’auteur…
Tu ne pourras scruter, dans le visage auguste,
Le triptyque puissant du beau, du grand, du juste…
Rien que des « à peu près » lorsque tu dis : « Comment ? »
Pourquoi jamais la fin ? Pas de commencement ?
Pourquoi l’Eternité pour toujours insondable ?
Le ciel reste muet… et l’incommunicable
Va, sous un poids égal d’astres et de rayons,
Sans souci de la voix des mornes embryons.
Homme, ne cherche pas l’énigme du mystère !
Terrien, contente-toi du soleil et de la terre !
Car tout être pensant du gouffre est le milieu :
Son corps nourrit la Terre et son âme crée Dieu…
Traces de vous...