Little caterpillar's diary
Les lointains attiédis, les perspectives brèves,
Mettent, à l’occident, des formes et des rêves…
La pourpre, l’or, l’azur, font des tons adoucis
Où se meuvent, rêveurs, les spectres imprécis.
O fugitif moments ! O splendeurs sidérales !
Semez à profusion, dans les plaines astrales
Vos ors pastellisés sur les noirs embryons :
« Enfants de la Lueur et des Volitions ».
Qui dira vos éclats, vos aspects, vos lumières,
Les troublantes beautés de ces vols éphémères
Que vous roulez, sans cesse, en l’erraticitié :
Crépuscule divin, reflet d’éternité ?
Qui le dira ? Si nous, esprits du libre espace,
Nous taisons notre voix dans cet hymne qui passe
Comme un grand lamento de SONS et de COULEURS ;
Qui dira le secret des suaves blancheurs
Dont vous auréolez les êtres et les astres ?
Qui le dira ? Sinon de nouveaux Zoroastres,
Apôtres obstinés à sauver les bas-fonds…
Eux seuls, dans le grand soir, verront, sous les tréfonds
Du magique couchant, l’âme crépusculaire,
Quand descendra, sur quelque forêt séculaire,
Les longs accords des nuits, en douces voluptés,
Dans leur cœur frémiront les sublimes clartés.
Traces de vous...