Little caterpillar's diary
Le ver ronge le fruit, le fruit épuise l’arbre.
L’arbre épuise le sol et l’eau ronge le marbre.
La terre éteint le feu de ses centres actifs
Qui, s’écrasant entr’eux, deviennent productifs.
Tout s’enchaîne, bondit, grandit. L’immense échelle
Est faite de tuteurs, l’un à l’autre, enlacés,
Et cela tout au long de la route éternelle,
Equilibre divin aux leviers effacés.
Le mystère est partout recouvrant le grand Oeuvre...
L’interrogation jette, en vain, sa clameur,
La souffrance répond... la magique pieuvre,
Sous ses multiples bras, cache le Créateur...
Pourquoi ? disent les voix, Comment ? clament les foules...
Le Sphinx ne livre point le secret éternel...
Impassible, il surprend les luttes et les houles...
Et pourtant son regard est doux et fraternel.
Son oeil produit l’amour et son coeur le silence...
Ne l’interrogez point, humains, ce coeur fermé ;
Mais puisez dans cet Oeil la certitude immense
D’un éternel heureux si vous avez aimé...
Traces de vous...