O vanité des mots où ne sont plus les choses !

Les soleils éperdus, sous les horizons roses,

Peuvent-ils évoquer l’éternelle clarté,

L’absolu radieux, à force de beauté ?

  O l’inutilité des images, des formes

Pour fixer la grandeur des flottements énormes

(Réalisations splendides de l’obscur)

En lumineux efforts, qu’un désir noble et pur,

Guide en les profondeurs de l’inimaginable !

Et comment discerner en l’Orbe indiscernable ?

 

Dans l’éblouissement fait de tous les rayons,

L’être tâtonne, heurtant des spectres d’embryons…

Assoiffé d’infini, l’homme n’étreint que l’ombre…

  Que dit le ciel jaloux, éclatant ou bien sombre ?

  Que dit le vent du soir, aux monts échevelés,

Quand le « nocturne » passe en souffles affolés ?

  Que murmure la voix, étrangement pieuse

Des grands bois solennels où foisonne l’yeuse,

Où le chêne officie, en gestes consacrés ?

  Quels mots mystérieux, magique ou sacrés

 

S’échangent doucement au bord des lacs superbes ?

  Que chantonnent les fleurs ? Que répètent les herbes

Au creux des vallons roux et dans le vert des près ?

  Et que sanglote encor, sous les cieux diaprés,

Le triste appel du flot qui toujours se lamente ?

  Homme, tu n’entends pas le cri de la tourmente,

Le grand soupir d’amour suave, inapaisé,

Que le chaos entier, par l’extase baisé,

Pousse en l’illimité vers la Béatitude…

Et l’immense duo, silence et solitude,

 

Passe sans attirer ton admiration…

Cependant tout épelle, avec émotion,

Le mot que l’Eternel mit sur toutes les bouches…

  Il est !! Vous le savez, vents puissants et farouches,

Qui balayez les cieux et les mondes flottants ?

Il est ! Redites-le, quadriges éclatants

Qui roulez, sans merci, vers d’effrayants vertiges !

Il concrétise, en lui, la somme des prodiges…

Sans lui, rien ne serait et l’épouvantement

Remplacerait, à tout jamais, l’enchantement.

 

  Homme, tu veux, en vain, nier son existence,

Quelle dérision ! La terrestre sentence

A beau vouloir l’exclure, elle ne pourra pas

L’empêcher de briller à chacun de ses pas !

Le bois chante, le nid palpite, l’hirondelle

Rayant l’air embaumé, s’élance à tire d’aile,

Vers le ciel qui sourit, à travers ses cils d’or…

La nuée alourdit l’azur et Messidor

Règle de son archet les harpes forestières,

Les mers, comme un défi, se redressent, altières

 

Et les ravins profonds comme les gouffres noirs,

Les cratères flambants aux grondants entonnoirs,

Les pics démesurés où les aigles avides

Guettent le précipice aux prunelles livides.

Tout murmure le mot vibrant, définitif,

Que le verbe Absolu conjugue au Relatif…

  Ne dis pas : Il n’est point ! Ecarte le blasphème…

C’est vrai, tu ne pourras résoudre le problème

Que pose à l’Infini, le divin potentiel,

Mais agenouille-toi sur la porte du ciel !...

 

Courbe le front devant l’énigme irrésolue

Et, quel que soit le point où ton rêve évolue,

Crois et laisse grandir en toi son flamboiement.

L’être est prodigieux comme le firmament

Et possède, en son cœur, des ruissellements d’astres…

  Qu’importent les douleurs, aux multiples désastres,

L’inharmonie enclose en le chaos proscrit,

Qu’importe le malheur, si Dieu, lui-même, écrit,

Au point d’intersection du Nombre et de la Forme,

Le mot « Amour » avec un porte-plume énorme…

 

 

 

 

Par Petite Flamme - Publié dans : POESIES DU CIEL - Communauté : Gros plan sur la poésie - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
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  • : L'autobiographie et le journal en rime d'une petite chenille tourmentée, devenue un joli papillon ayant deux ailes de flamme et une plume d'Ange...
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  • : Petite Flamme était poète et ésotériste. La maladie l'emporta trop jeune mais elle nous laisse son journal et son autobiographie.
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