Little caterpillar's diary
Si l’on pouvait casser l’amarre du soleil,
Dans l’orbite puissant, changer l’axe, le centre,
Et sur la terre en deuil laisser choir l’arc-en-ciel
En la précipitant dans le gouffre, son antre,
Puis, dans l’immensité, tout à coup, nébuleuse
Créer, à ses dépens, de ces astres parfaits
Où toute heure sourit splendide, fabuleuse…
Si l’on pouvait enfin sur ces mondes abstraits
Disposer les humains en familles nombreuses
Avec tous leurs instincts sincères ou méchants,
Dites, croyez-vous que seraient plus heureuses
Leurs vies ensoleillées de chants ?
Non !... Rien ne comblera jamais le vide morne
Que le lent processus parmi les univers…
Orgueilleux embryons, allant de borne en borne,
Que savons-nous de notre envers ?
Rien ! Je vois mieux que vous puisque, plus haut, je plane,
Mais devant moi des sphinx se montrent à leur tour ;
Je plonge dans l’azur profond, partout je glane
Un peu plus de clarté, de voyance, d’amour ;
Car, je ne sais pas tout ! Bien souvent le mystère
M’arrête en mon chemin et, me heurtant le front,
Flagelle mon orgueil, ébranle ma chimère
Et je chancelle sous l’affront.
Il ne faut pas vouloir tout connaître avant l’heure ;
L’humain, son nouveau sort, l’esprit, le front de Dieu…
Heureux les résignés en qui vibre et demeure
La douce vision des éthers radieux…
Traces de vous...