Little caterpillar's diary
J’ai connu le venin hideux et le spectacle qui déchire,
Les soirs glacés de terreur, ignorant où j’allais dormir,
Les propositions voilées d’hommes riches et mûrs…
M’éloigner de ces crabes était la voie la plus sûre…
Je n’ai plus d’attaches, plus de toit, j’ai quitté le nid,
Mais il me reste mes sœurs; les étoiles, et la nuit,
Où que je me tourne, mes regards nostalgiques
Suivent ces diamants dans leur ronde magique…
Mes copains ont rivalisé d’ardeur pour m’aider
Malheureusement, tous avec une arrière pensée…
J’ai beau leur dire que l’amitié est un bien précieux,
Ils sont sourds. Ne me reste-t-il que l’aide des Cieux ?
A cette heure où tout s’apaise, où tout s’endort,
Je tourne mes devenirs vers lui, rencontre heureuse ;
Je pourrais admirer la lune et son croissant d’or
Mais je préfère le regarder lui, tomber amoureuse…
Pourquoi chercher dans le ciel un éventuel bonheur ?
Peut-être se cache-t-il plus bas, dans un regard noir
Dans des gestes timides et maladroitement frôleurs
Dans une voix rauque qui parvient à m’émouvoir ?
Ce n’est pas un hasard si le ciel, d’étoiles est constellé !
C’est un signe, une flèche lumineuse qui rallume ma foi,
Ce soir, je veux y croire, ne plus rêver, me laisser aller
Ne plus fuir, me laisser séduire ! Etre enfin moi !!!
Minutes d’extase où s’emmêlent les mots et les cœurs
Il s’allume la même flamme dans ses yeux, c’est étrange !
On y lit le même désir fou d’enfant mutin, et la même peur…
Par quel miracle fait-il battre à nouveau le cœur de l’ange ?
Les cœurs appellent les cœurs, restons un instant immobiles
Je voulais te connaître, je t’observe depuis si longtemps
Ton indifférence glacée aurait fait fuir un esquimau, dit-il
Il parle de lui. Oh il loin d’être prince mais il est charmant
A mon tour d'ouvrir le livre de ma Vie: chapitre 1: l’enfance
Les morts, les trahisons, les mensonges, je passe sous silence,
La lutte est trop épuisante pour chasser la colère farouche
A quoi servirait des paroles de fiel tombant de ma bouche ?
Seigneur je voudrais savoir quel élan, vers moi, l’a guidé !
Qu’importe si cet élan est habillé de désir, casqué de pitié !
Seul celui qui est tombé connait la traîtrise du chemin
Béni soit cet homme là de prendre un moment ma main…
L’amour, n’est-ce pas le levier qui soulève les mondes ?
Qui n’aspire pas ici-bas, à goûter un peu de pur bonheur ?
Son sourire renversant qui sur moi lentement, vagabonde
Referme pour un temps le livre douloureux de mes malheurs.
Traces de vous...