2000
 

Après avoir squatté chez des copains

Quelques jours terribles, il fallait bien

Tout honte bue, regagner le mausolée.

Logique; maman très chère n’a pas aimé.

 

Et, en guise de bienvenue,  m’a annoncé

Apparemment sans crainte de me choquer

Que mon Père était malade, il était mourant

Le reste s’est dilué dans un gémissement...

 

A l’hopital, sous perfusion, me suis réveillée,

Parait-il, je suis encore en pleine dépression.

Mais ce n’est pas à moi que je veux penser,

De voir mon Père me bouleverse d’émotion.

 

Il a maigri, n’est plus qu’un fragile échalas!

Ainsi, il ressemble tant à mon frère Nicholas !

Les larmes, brûlantes ont jailli de mes yeux.

Et un petit moment, nous avons pleuré à deux.

 

Maman très chère n’a pas souhaité se déplacer,

Ne supportant pas ce rôle de porcelaine brisée

Que je jouais. Mon père semblait avoir changé

Il était ému, m’a touchée, et même enlacée !

 

Toutes les certitudes de ma mère ne sont rien

A côté de ce changement paternel soudain

Je redécouvre mon Daddy...  Il découvre sa fille

Je ne regrette pas d’être là car ses yeux brillent.

 

Il me confie que la maladie lui est tombé dessus

Lui, concentré sur ses recherches, n’aurait pas su

Qu’il était malade. Certes, il se savait fatigué.

Ce sont ses collègues, au labo, qui ont "deviné"

 

Ce fut notre médecin qui lui annonça, le soir :

-- C’est un cancer, mon cher G. Je suis navré ! 
Son laboratoire, il fut contraint d'abandonner

Laissant sa nanotechnologie devenue illusoire.

 

Il s’était résolu à mourir sans revoir son ange

Sa petite Lena qui se vautrait dans la fange,

Etait-elle en rebellion contre son autorité ?

Voulant Ã  son tour imiter son frère déshonnoré.

 

Il me pardonnait d’avance tous mes excès,

Sans chercher à savoir s’ils étaient vrais,

Ma mère, confite en dévotion, du soir au matin

Lui brossait de sa fille le tableau d’une putain.

 

Je n’avais pas le coeur à publier un démenti.

J’étais déprimée, le coeur et les ailes brisés.

J’ai fait en sorte qu’il croie que j’étais endormie

Je voulais perdre la mémoire et ne plus penser...

 

Maniaco-dépressive, hystrionique, me voici étiquetée.

Car les psychiatres qui m’ont entendue, examinée

Ont rendu leur verdict à maman très chère; enchantée

"Tu vois, exulte-elle, j'avais raison: ta fille est folle à lier !"

 

Que dire contre ça? j’ai dû faire le mal dans une ancienne vie

Car si j’en crois tout ce qu'aujourd'hui, je supporte, subis

Je n’ai pas fini de me relever pour ensuite mieux retomber

Tout ce que je sais, c’est que je suis en train de payer...

 



 

Par Petite Flamme - Publié dans : JOURNAL EN RIMES - Communauté : poésie en vrille et en vrac - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires
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  • : Petite Flamme
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  • : Petite Flamme était poète et ésotériste. La maladie l'emporta trop jeune mais elle nous laisse son journal et son autobiographie.
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