Little caterpillar's diary
Alan s'était bien gardé de dire qu'il poétisait dans mon
dos!
Je l'ai appris, à ma grande stupeur!! assez tard dans
la nuit
Quand les musicos remballaient... que les sons et les
échos
De la fête s'estompaient faute de fêtards ... dans Paris
Al prit ma main, se tourna vers moi sans me
quitter
Un instant du regard, il commença à déclamer
lentement...
Je ne savais où me mettre ni quelle contenance
adopter!
Mon rire-rougissant devenu pauvre
sourire-vacillant...
Quand il dit qu'il y avait des soleils de
printemps,
Doux et traitres comme des
femmes;
Qu'on sentait, sous leurs
embrasements,
S'agiter des volcans de flammes...
J'étais très mal à l'aise mais il
poursuivait toujours
Devant les copains qui écoutaient, hilares et sidérés
Sa tendre - et publique - déclaration d'amour.
J'etais paralysée! Jusqu'au front, toute
empourprée!
"Leurs cils d'or chastement baissés, a-t-il
continué
Dérobent à nos yeux éblouis, leur ardeur
perfide
Et leurs chaleureux sourires
commencés
Eclatent en arc-en-ciel dans le ciel
candide!"
Il mit un genou à terre, me broyant les
doigts
Ce qui fit bien rire tout le monde - sauf
moi...
Et il termina sa touchante
déclaration
D'une voix enrayée, certainement
l'émotion:
"Blond soleil d'amour, mon brulant soleil de
Juin!
Astre d'or à l'aube, astre vermeil sur ma
couche
Tu resplendis, réchauffant ma vie et mon
jardin
Comment oublier ta chaleur sur ma
bouche?"
Dans les bras l'un de l'autre, sous les
applaudissements
Nous sommes tombés, amis aux yeux un peu
noyés
Nous avons sortis les mouchoirs des poches juste à
temps
Pour tamponner nos yeux, puis, en coeur, nous
moucher...
Mais son poème touchant ; en moi
sème...
Le doute, et un malaise extrême...
Traces de vous...