Little caterpillar's diary
Je n’ai pas demandé à naître, Seigneur, mais voilà… je suis
Je reste sur mes rails, chancelante, mais la rouille m’envahit
J’ai essayé de vivre pourtant tout en respectant l’essentiel
Bonté, droiture, sincérité, basta !... je renonce au ciel
Je me suis faite effacée par le regard des autres, gommeur
Mais je suis épuisée, invisible, et le fardeau de mon cœur
Est lourd à porter, je lutte mais pour combien de temps ?
J’ai détaché mon maillon de la chaîne éternelle
Mais je porte ma croix, même si j’ai perdu mes ailes
Laissez moi glisser vers l’enfer qui m’appelle, ce néant !
C’est l’automne dans les bois mais c’est l’hiver dans mon cœur
Pourquoi la nature renaît-elle au printemps et pas mon frère ?
Je ne ressens plus rien, je ne comprends plus le Créateur….
Ne suis-je plus que folie ? Blasphème ? ou simplement colère ?
Encore en vie mais si peu, je traîne ma vie, je n’entends plus
Les filles du lycée qui m’interpellent, me parlent dans la rue
Je dors en cours, hypnotisée, l’œil fixe, éveillée mais endormie
Faute de trouver le sommeil la nuit… je deviens un zombie
Je résiste encore, mais ne me bats plus, pauvre loque
Ne réagis plus à ceux qui me crachent que je débloque
Je ne vois plus rien d’attirant en ce monde étrange
Que la nuit qui me parle, et parfois en jour se change
Pourquoi est-il mort, lui l’Ange ?
Pourquoi suis-je en vie, moi la fange ?
Traces de vous...