Little caterpillar's diary
1995
Je suis fatiguée de parler
Maintenant qu’on me laisse
A mes larmes, à ma détresse
Je suis orpheline, ayez pitié !
J’entends sa voix partout !
J’entends son rire si doux !
Son pas aussi, je crois l’entendre
C’est à ne plus rien comprendre
Le moindre soupir glacé dans la maison
Me fait tomber le cœur par terre d’émotion !
Je vois partout sa haute silhouette chenue
Je crois l’apercevoir jusque dans la rue !
A lui seul, mon autre moi, je veux penser
Non pas à cet être délirant qui me frappait
Ni à cet odieux drogué qui me volait
Mais à mon double, ce frère tant adoré
Lui qui m’a fertilisée par son amour
Au long de mon enfance empotée
Dans son ombre où j’étais plantée
Lui qui me fit m’épanouir au jour…
J’ai enfin trouvé le courage de me pardonner
Mon père, lui, a trouvé l’oubli dans l’alcool
Ma mère trouve le salut en me rendant folle
Qu’on me fiche la paix, je ne veux pas oublier !
Traces de vous...