1994

 

J’aime t’entendre rire à gorge déployée

Lorsque je m’affale sur l’herbe mouillée

Quand nous marchons dans les sous-bois

J’aime le timbre moqueur de ta voix

 

J’aime la façon touchante que tu as

De toujours prendre soin de moi

Serais-tu mon ange gardien, vraiment

Tu ne t’y prendrais pas autrement !

 

J’aime ton érudition, j’aime ton avidité

Ton appétit à engloutir les informations

Que nous allons puiser sans nous lasser

A la bibliothèque, O quelle évasion !

 

J’aime la manière que tu as de conter

Les mystères de la foi, de la trinité…

Crois-tu en quelque certitude immense ?

Dieu ou force, qu’importe : une espérance ?

 

Qu’il y a autre chose derrière tout cela ?

Qu’on n’est pas venu pour rien ici bas ?

Mais au contraire, que tout a un sens ?

Que l’ennemi n’est que notre ignorance ?

 

J’aime ta façon de gratter la guitare

Quand tes copains se réunissent, le soir

Tu improvises, les autres suivent en écho

Et j’ai rien que pour moi vos concertos …

 

J’aime ta gentillesse, ta douceur, ta patience

Avec moi, qui ne suis pas un puits de science

Tu définis, éclaircis, reviens sur le point délicat,

Le petit point noir que je ne comprenais pas…

 

Par quel miracle me fais-tu m’épanouir ?

Parviens-tu sans peine à me faire réfléchir ?

Alors que je planchais sans aucun espoir

Sur un devoir depuis la veille au soir ?

 

J’aime ta façon douce et rassurante de m’expliquer

Que mon cerveau dédale se bloque quelquefois

Mais que c’est moi… qui n’ai pas confiance en moi !

Que mes pensées s’amenuisent au lieu de se gonfler…

 

Tu sais, j’ai toujours vu les parents, à toi me comparer

Toi, l’élève brillant, toujours premier, un vrai surdoué !

Alors que moi, j’étais à la traîne, toujours en retard

Prenant comme un blâme le moindre de leur regard

 

J’aime beaucoup moins aujourd’hui ta façon de faire

Quand tu éloignes de moi mes amis (tous des garçons)

Tu prend trop au sérieux ton rôle de frère, une mission !

Et souvent, par suite d’ordres impérieux, je dus me taire

 

Tu me mets toujours en garde contre l’amour et ses jeux

Tes discours en moi sèment le doute, la peur mais aussi le feu

Puisque tu m’aimes, tu penses avoir tous les droits sur moi

Combien de fois les chassas-tu, en me pointant du doigt ?

 

En disant que j’étais trop jeune, innocente, vulnérable

Que je me brûlerai le coeur et les ailes à leur flamme

Dieu m’avait faite ange, que sais-je encore… adorable

Qu’il me fallait d’autant plus rester sage et pure âme…

 

Qui aurait pu imaginer ? qui aurait pu supposer qu’ensuite

Tu deviendrais ce malade, cet aliéné ? tu as cessé de m’aimer

Et j’ai cessé d’exister… dans un autre monde tu as pris la fuite

L’enfer immonde qu’on allait vivre venait de s’annoncer…

 

 

Par Petite Flamme - Publié dans : JOURNAL EN RIMES - Communauté : Les rêveurs naîfs - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
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  • : LITTLE CATERPILLAR
  • : L'autobiographie et le journal en rime d'une petite chenille tourmentée, devenue un joli papillon ayant deux ailes de flamme et une plume d'Ange...
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  • : Petite Flamme
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  • : Ciel
  • : Petite Flamme était poète et ésotériste. La maladie l'emporta trop jeune mais elle nous laisse son journal et son autobiographie.
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